Saint Serge de Radonège
Moine · † 1392
Ermite et higoumène, fondateur du monastère de la Sainte-Trinité près de Moscou
Saint Serge de Radonège était un moine russe, d'abord ermite puis higoumène, c'est-à-dire supérieur, de la communauté d'où est né le monastère de la Sainte-Trinité près de Moscou. Il a vécu au XIVe siècle dans l'Église de la Rus', qui depuis le schisme de 1054 n'était pas en communion avec Rome. Les orthodoxes l'appellent le grand maître de la vie monastique russe et le protecteur de la Russie. Le Martyrologe romain le commémore le 25 septembre.
Selon sa Vie, écrite au début du XVe siècle par le moine Épiphane le Sage, il est né dans une famille de boyards de la région de Rostov et a reçu au baptême le nom de Barthélemy. L'année de sa naissance n'est pas certaine : on indique le plus souvent 1314 environ, mais aussi des années plus tardives. Pendant une période de troubles politiques, la famille s'est appauvrie et s'est installée à Radonège, près de Moscou.
Vers l'âge de vingt ans, à l'exemple des Pères du désert, il s'est établi dans la forêt près de Radonège avec son frère aîné Étienne, devenu moine après la mort de sa femme. Ils ont construit une cellule et une petite église en bois dédiée à la Sainte Trinité. Étienne n'a pas supporté la dure vie dans la forêt et est parti. Barthélemy est resté seul, a prononcé ses vœux monastiques et a pris le nom de Serge. Avec le temps, des gens ont commencé à venir à lui, désireux de vivre comme lui, dans la prière et le renoncement total aux biens.
Il a été élu higoumène et ordonné prêtre. Plus tard, il a introduit la vie commune, dans laquelle les moines ne possédaient rien en propre. Une partie des frères s'est opposée à ce changement, et Serge, ne voulant pas de querelle, a quitté le monastère pour un temps, jusqu'à ce qu'on lui demande de revenir. Lui-même et ses disciples ont fondé d'autres monastères, et sa communauté est devenue un centre de la vie monastique dans le nord de la Rus'. Il a refusé quand on lui a proposé la dignité de métropolite de Moscou.
Le Martyrologe l'appelle un homme doux, conseiller des princes et consolateur des fidèles. Jean-Paul II rappelait qu'il avait servi non seulement l'Église, mais aussi la société d'un pays déchiré par les discordes et menacé de l'extérieur, et que les hagiographes l'ont comparé à saint François d'Assise. Selon la tradition, en 1380, il a béni le grand-prince de Moscou Dimitri Donskoï avant la bataille contre les Tatars à Koulikovo et lui a prédit la victoire.
Il est mort dans son monastère le 25 septembre 1392. L'Église russe le vénère comme saint depuis le XVe siècle. Ses reliques reposent dans l'église de la Sainte-Trinité de la laure de la Trinité-Saint-Serge à Serguiev Possad, où affluent des pèlerins depuis des siècles ; l'Académie théologique de Moscou s'y trouve aussi.
Il a été inscrit au Martyrologe romain en 2001, sous le pontificat de Jean-Paul II, avec quelques autres saints orthodoxes ayant vécu après 1054. Pour le sixième centenaire de sa mort, en 1992, le pape a prié pour que, par l'intercession de saint Serge, tous les chrétiens de Russie contribuent au progrès spirituel de leur société.