
Saint Pancrace
Martyr
Martyr, âgé de quatorze ans selon la tradition, inhumé sur la via Aurelia
Saint Pancrace était un martyr qui, selon la tradition, donna sa vie pour le Christ dans sa jeunesse. Il mourut à Rome, au deuxième mille de la via Aurelia, et y fut inhumé ; son tombeau est vénéré depuis l'Antiquité. L'Église fait mémoire de lui le 12 mai.
Les informations certaines à son sujet sont rares. Le Martyrologe romain dit avec prudence qu'il serait mort pour la foi dans sa jeunesse. On ignore l'année de sa naissance et celle de sa mort : le Missel romain le situe au IIIe ou au IVe siècle, et la tradition rattache son martyre à la persécution de l'empereur Dioclétien. Son nom figure déjà au 12 mai dans le Martyrologe hiéronymien des Ve et VIe siècles.
Le récit de son martyre fut rédigé longtemps après sa mort, et les historiens le tiennent pour une légende. Selon ce récit, Pancrace était originaire de Phrygie, en Asie Mineure. Il perdit tôt ses parents et vint à Rome avec son oncle paternel Denys, où tous deux reçurent le baptême. Quand éclata la persécution, le garçon, qui n'avait que quatorze ans, refusa d'adorer les idoles et fut décapité sur la via Aurelia. Son corps fut enseveli par une pieuse Romaine, Octavilla.
Au tournant des Ve et VIe siècles, le pape saint Symmaque éleva sur son tombeau une magnifique basilique, que le pape Honorius Ier reconstruisit au VIIe siècle de sorte que le tombeau se trouve sous le maître-autel. Le Martyrologe rapporte que le pape saint Grégoire le Grand y rassemblait souvent le peuple, afin qu'il reçoive du martyr le témoignage du véritable amour chrétien. Grégoire de Tours, qui vécut à la même époque, écrivit qu'à Rome on confirmait les serments précisément auprès de ce tombeau et que, selon son récit, celui qui s'y parjurait n'échappait pas au châtiment.
Le culte de Pancrace se répandit bien au-delà de Rome. Saint Bède le Vénérable cite une lettre du pape Vitalien qui, avec des reliques d'autres martyrs, envoya aussi des reliques de Pancrace à Oswiu, roi anglo-saxon. À sa basilique romaine se rattache aussi l'antique station liturgique du dimanche in albis, où les nouveaux baptisés déposaient leurs vêtements blancs. Saint Jean-Paul II le rappela en visitant cette paroisse en 1979.
Dans la tradition populaire polonaise, Pancrace ouvre la série des trois « jardiniers froids », avec Servais et Boniface, et leurs jours, du 12 au 14 mai, étaient associés aux dernières gelées de printemps. Pancrace n'a pas été canonisé au terme d'un procès formel ; comme les autres martyrs des premiers siècles, il est vénéré depuis l'Antiquité. Dans le calendrier romain général, sa mémoire est facultative, et le même jour on fait aussi mémoire des saints Nérée et Achille.