Saint Pammaque

Laïc

Sénateur romain, ami de saint Jérôme, protecteur des pauvres

Saint Pammaque était un sénateur romain, qui vécut au tournant des IVe et Ve siècles, et un ami de saint Jérôme. Après la mort de son épouse, il se consacra aux œuvres de miséricorde. Le Martyrologe romain fait mémoire de lui le 30 août comme d'un homme zélé dans la foi et généreux envers les pauvres.

Il appartenait à une riche famille sénatoriale ; saint Jérôme écrit que ses grands-pères et arrière-grands-pères avaient déjà été consuls. L'année de sa naissance n'est pas connue. Dans sa jeunesse, il étudia à Rome avec Jérôme, qui bien des années plus tard l'appelait son ancien condisciple, compagnon et ami. Pammaque épousa Pauline, fille de sainte Paule et sœur de sainte Eustochium.

Son amitié avec Jérôme, qui s'établit à Bethléem, dura de longues années. Quand, vers 393, Jérôme publia ses livres contre Jovinien, Pammaque, comme d'autres amis, estima que l'auteur y avait trop exalté la virginité aux dépens du mariage, et il retira de la circulation une partie des exemplaires. Jérôme le remercia de cette sollicitude et répondit par une lettre pour défendre son ouvrage. Il lui adressa aussi une lettre sur la meilleure manière de traduire, puis lui dédia ses commentaires sur les livres des prophètes Osée, Joël et Amos.

Pauline mourut jeune, dans les dernières années du IVe siècle. Pammaque ne s'enferma pas dans un deuil stérile : il rassembla dans la basilique Saint-Pierre des foules de pauvres et leur offrit un repas, ce que saint Paulin de Nole décrivit avec admiration dans une lettre de consolation. Selon Jérôme, il changea les bijoux et les soieries de son épouse en pain et en vêtements pour les nécessiteux. Lui-même revêtit l'habit sombre du moine et vécut désormais dans l'ascèse, tout en restant sénateur et en se montrant dans cet habit parmi les sénateurs vêtus de pourpre. Jérôme l'appela le chef des moines.

Avec sainte Fabiola, il unit ses ressources et ses projets pour ouvrir une maison pour les étrangers à Portus, le port de Rome à l'embouchure du Tibre. On y acheta un bâtiment qui accueillait gratuitement les pèlerins pauvres et les malades ; Jérôme écrivit qu'ils voulaient y dresser une tente de l'hospitalité à l'exemple d'Abraham. Pammaque veilla aussi à l'unité de l'Église. Il possédait des domaines en Numidie, en Afrique du Nord, et exhorta les fermiers de ces terres à abandonner le schisme donatiste. En 401, saint Augustin l'en remercia par une lettre.

Le Martyrologe romain attribue à sa piété la fondation de l'église titulaire du Célius. L'église naquit dans la maison de sa famille et on l'appelait dans l'Antiquité le titre de Pammaque ; c'est aujourd'hui la basilique des Saints-Jean-et-Paul. Certaines sources en rattachent aussi l'origine au père de Pammaque, le sénateur Byzantius.

Pammaque mourut vers 409 ou 410, au temps où les Wisigoths d'Alaric assiégeaient Rome. À Bethléem, Jérôme reçut la nouvelle de sa mort en même temps que celle de la mort de sainte Marcelle et du siège de la ville. Pammaque vécut bien avant l'apparition des procès de canonisation ; sa mémoire a été conservée par les lettres de Jérôme, de Paulin de Nole et d'Augustin.