Saint Marc d'Aréthuse
Évêque
Évêque d'Aréthuse en Syrie, confesseur, torturé sous Julien l'Apostat
Saint Marc fut, au IVe siècle, évêque d'Aréthuse en Syrie. Sous l'empereur Julien l'Apostat, il se livra lui-même aux persécuteurs pour sauver ses fidèles et endura de cruelles tortures sans céder en rien. L'Église fait mémoire de lui le 29 mars.
On ne sait rien de ses origines ni de sa jeunesse ; l'année de sa naissance nous est également inconnue. Ce que nous savons de lui, nous le devons surtout à son contemporain saint Grégoire de Nazianze et aux historiens de l'Église du Ve siècle, Théodoret et Sozomène. Grégoire écrit que, sous l'empereur Constance, Marc abattit à Aréthuse un temple païen et gagna au Christ beaucoup d'habitants, autant par la sainteté de sa vie que par la force de sa parole. Théodoret ajoute qu'il bâtit une église à l'emplacement du temple.
C'étaient les années de la controverse arienne, qui divisait l'Église en Orient. Marc était de ces évêques qui cherchaient une formule d'accord. Il fut l'un des envoyés qui portèrent à l'empereur Constant une profession de foi rédigée après le synode d'Antioche, et on lui attribua plus tard l'une des formules promulguées à Sirmium, qui évitait le terme nicéen « consubstantiel ». C'est pourquoi son orthodoxie fut mise en doute, et l'ancien Martyrologe romain ne le mentionnait pas. Le Martyrologe actuel affirme que, dans la controverse arienne, il ne s'écarta pas de la foi orthodoxe.
Lorsque Julien prit le pouvoir en 361 et entreprit de rétablir le paganisme, on exigea de l'évêque qu'il rebâtisse le temple abattu ou qu'il en paie la reconstruction. Suivant le conseil de l'Évangile, Marc quitta d'abord la ville. Mais quand il apprit que d'autres chrétiens avaient été arrêtés à cause de lui, il revint et se livra lui-même à la foule.
Le vieil évêque fut traîné par les rues, battu et jeté dans les égouts, et des écoliers le piquèrent de leurs stylets à écrire. Pour finir, on l'enduisit de miel et on le suspendit dans un panier en pleine chaleur d'été, en proie aux guêpes et aux abeilles. La somme exigée ne cessait d'être réduite, mais Marc, comme le rapporte Théodoret, répondait que donner ne fût-ce qu'une obole serait aussi impie que de tout donner. Selon Grégoire, il disait aussi, d'en haut, que c'était bon signe : lui se trouvait en haut, et ses bourreaux en bas.
La constance du vieillard fit honte à ses bourreaux. Théodoret écrit qu'ils le relâchèrent, admirant sa fermeté, et qu'ils apprirent ensuite eux-mêmes de lui la piété. Grégoire évoque un préfet païen qui aurait reproché à l'empereur de se laisser vaincre par un seul vieillard. Il rappelle aussi que Marc avait été jadis de ceux qui cachèrent et sauvèrent le petit Julien, lorsque toute sa famille était menacée d'extermination.
Marc survécut aux tortures et mourut de mort naturelle, probablement vers 364 ; la date exacte n'est pas connue. Il est vénéré comme saint depuis des siècles, sans canonisation formelle : les Églises orientales font elles aussi mémoire de lui le 29 mars. Le Martyrologe romain le nomme évêque et cite le témoignage de saint Grégoire de Nazianze, qui voyait en lui un homme remarquable et un très saint vieillard.