Saint Josaphat Kuntsevych

Évêque · † 1623

Évêque et martyr, moine basilien, apôtre de l'unité de l'Église

Saint Josaphat Kuntsevych était moine basilien et archevêque de Polotsk, de rite oriental. Il a consacré toute sa vie à l'unité de l'Église et il est mort pour elle à Vitebsk en 1623. L'Église fait mémoire de lui le 12 novembre, jour de son martyre.

Il est né à Volodymyr, en Volhynie, dans une famille orthodoxe, vers 1580 ; la date exacte n'est pas certaine. Il a reçu au baptême le nom de Jean. Encore enfant, il a été envoyé à Vilnius pour apprendre le commerce. C'étaient les années qui suivaient l'Union de Brest de 1596, par laquelle les évêques de la métropole de Kiev étaient entrés dans l'unité avec l'Église de Rome tout en gardant le rite byzantin. Cette décision suscitait des tensions et des conflits, et Jean a choisi l'unité avec Rome.

En 1604, il est entré au monastère basilien de la Sainte-Trinité à Vilnius et a pris le nom de Josaphat. Il vivait dans l'austérité, priait beaucoup, étudiait les Pères de l'Église et les livres liturgiques de l'Orient. En 1609, il a été ordonné prêtre, et il est devenu peu après archimandrite de ce monastère. Avec Joseph Velamin Rutsky, futur métropolite de Kiev, il a renouvelé la vie religieuse des basiliens ; il a aussi fondé les monastères de Byteń et de Żyrowice.

Il a gagné beaucoup de personnes à l'unité de l'Église, et c'est pourquoi ses adversaires l'appelaient « duszochwat », ravisseur d'âmes. Le 12 novembre 1617, il a reçu la consécration épiscopale comme coadjuteur du vieil archevêque de Polotsk, et en 1618 il lui a succédé comme archevêque. Il vivait pauvrement ; Pie XI rappelle qu'il est allé jusqu'à mettre en gage son omophorion pour secourir les pauvres. Il visitait ses prêtres et a composé pour eux un catéchisme. Il unissait la fidélité au successeur de saint Pierre à l'amour de la liturgie et des traditions de l'Orient.

Son œuvre a aussi suscité une violente opposition. En 1620, un archevêque orthodoxe, Mélèce Smotrytsky, a été consacré pour Polotsk. Josaphat disait ouvertement qu'il était prêt à donner sa vie pour l'unité de l'Église. À l'automne 1623, il s'est rendu en visite pastorale à Vitebsk. Le 12 novembre, une foule a fait irruption dans sa maison et s'est mise à frapper ceux qui y vivaient. L'archevêque est allé au-devant des assaillants et, selon ce qui a été rapporté, il a demandé : « Mes enfants, pourquoi frappez-vous les gens de ma maison ? Si vous avez quelque chose contre moi, me voici. » Il a été tué, et son corps a été jeté dans la Dvina.

Cette mort a bouleversé beaucoup de gens. Les meurtriers eux-mêmes se sont repentis, et quelques années plus tard Mélèce Smotrytsky est entré à son tour dans l'unité avec l'Église catholique. Le pape Urbain VIII a déclaré Josaphat bienheureux le 16 mai 1643, et Pie IX l'a canonisé le 29 juin 1867.

En 1923, Pie XI lui a consacré l'encyclique Ecclesiam Dei et l'a appelé apôtre de l'unité. Au XXe siècle, le corps du saint est parvenu à Rome en passant par Vienne, et depuis 1963 il repose dans la basilique Saint-Pierre, sous l'autel de saint Basile le Grand. L'ordre que Josaphat a renouvelé porte aujourd'hui son nom. Le jour de sa mémoire, l'Église demande l'Esprit qui l'a poussé à donner sa vie pour son troupeau, afin que nous n'hésitions pas, nous non plus, à donner notre vie pour nos frères.