Saint Jean de Dieu

Frère · 1495-1550

Religieux, fondateur des Frères de Saint-Jean-de-Dieu, patron des malades et des hôpitaux

Saint Jean de Dieu fut un religieux qui, dans la Grenade du seizième siècle, ouvrit un hôpital pour les pauvres et les malades. Du cercle de ses compagnons est né l'Ordre hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu, les Frères de Saint-Jean-de-Dieu. L'Église fait mémoire de lui le 8 mars, jour de sa mort.

Il naquit en 1495 à Montemor-o-Novo, au Portugal, sous le nom de João Cidade, en espagnol Juan Ciudad. À huit ans, il quitta la maison familiale et arriva à Oropesa, en Espagne, où il grandit dans la maison d'un intendant des troupeaux et garda les moutons pendant de longues années. Il s'engagea deux fois dans l'armée de l'empereur Charles Quint : il combattit d'abord contre les Français, puis partit pour Vienne contre les Turcs.

Son service terminé, il chercha longtemps sa place. Il revit son pays natal, fut berger près de Séville, puis passa en Afrique, où il soutint par le travail de ses mains la famille d'un exilé portugais. De retour en Espagne, il parcourut les environs de Gibraltar en vendant des livres et des images pieuses. Il finit par s'établir à Grenade et y ouvrit une petite librairie.

Le tournant survint en 1539, alors que Jean avait plus de quarante ans. Un sermon de saint Jean d'Avila le bouleversa au point qu'il distribua ses biens et implora à haute voix, dans les rues de la ville, la miséricorde de Dieu. On le prit pour un fou et on l'enferma à l'Hôpital royal. Il y éprouva lui-même avec quelle cruauté on traitait alors les malades mentaux. Jean d'Avila devint son directeur spirituel.

Après sa sortie de l'hôpital et un pèlerinage au sanctuaire de Guadalupe, Jean commença à recueillir à Grenade les malades et les sans-abri. Il loua pour eux une maison, puis aménagea un hôpital où l'on accueillait chacun, sans distinction de condition ni de fortune. Il soignait lui-même les malades et, pour subvenir à leurs besoins, quêtait dans les rues en criant : « Faites le bien, mes frères ! » De cet appel vient le nom italien de son ordre, Fatebenefratelli. Il prenait soin aussi des orphelins, des veuves, des chômeurs et des femmes qui voulaient quitter la prostitution. Selon la tradition de son ordre, le nom de Jean de Dieu lui fut donné à Grenade par un évêque. Lorsqu'un incendie éclata à l'Hôpital royal, Jean porta les malades hors du bâtiment en flammes.

Avec le temps, ses premiers compagnons le rejoignirent, Antón Martín et Pedro Velasco. Jean n'écrivit pour eux aucune règle, il leur laissa son propre exemple. Il mourut à Grenade le 8 mars 1550, à l'âge de cinquante-cinq ans, des suites d'une maladie contractée en tentant de sauver un jeune homme qui se noyait dans la rivière. Il mourut à genoux, une croix entre les mains.

Ses disciples fondèrent d'autres hôpitaux. En 1572, le pape Pie V approuva leur communauté et lui donna la règle de saint Augustin. Urbain VIII béatifia Jean en 1630 et Alexandre VIII le canonisa en 1690. En 1886, Léon XIII le proclama, avec saint Camille de Lellis, patron des malades et des hôpitaux, et en 1930 Pie XI y ajouta le patronage des infirmiers et des infirmières.