Saint Jean de Britto
Prêtre · 1647-1693
Prêtre et martyr, jésuite, missionnaire dans le sud de l'Inde
Saint Jean de Britto fut un jésuite portugais, missionnaire dans le sud de l'Inde et martyr. Pour annoncer l'Évangile aux Tamouls, il adopta le mode de vie des ascètes du pays. Il fut décapité à Oriyur en 1693. L'Église fait mémoire de lui le 4 février.
Il naquit le 1er mars 1647 à Lisbonne, dans une famille noble. Il perdit son père tout enfant : celui-ci mourut à Rio de Janeiro, où il gouvernait au nom du roi de Portugal. Le garçon grandit à la cour comme page du prince Pierre, le futur roi Pierre II. Lorsqu'il tomba gravement malade en 1659, sa mère le confia à l'intercession de saint François Xavier et fit vœu que, une fois guéri, son fils porterait pendant un an l'habit des jésuites. Il en fut ainsi, et Jean désira devenir jésuite pour de bon.
En 1662, à quinze ans, il entra à Lisbonne au noviciat de la Compagnie de Jésus. Il voulait marcher sur les traces de François Xavier et demanda longtemps à être envoyé en Inde. En 1673, il fut ordonné prêtre et, en mars, il s'embarqua à Lisbonne. Le voyage jusqu'à Goa dura six mois. Une épidémie éclata sur les navires, et le jeune prêtre soigna les malades et assista les mourants.
Après avoir achevé sa théologie à Goa, il fut envoyé à la mission du Maduré, sur les terres des Tamouls situées hors de la domination portugaise. À l'exemple des missionnaires jésuites qui l'avaient précédé, il adopta le vêtement et les coutumes des ascètes du pays : il vivait dans une grande pauvreté, ne mangeait pas de viande, parcourait le pays à pied, souvent nu-pieds. Les Tamouls l'appellent aujourd'hui encore Arul Anandar.
En 1686, au pays de Marava, il fut emprisonné et torturé. Le souverain du lieu le libéra, mais lui interdit de prêcher la foi et le chassa du pays. Ses supérieurs envoyèrent alors Jean en Europe comme procureur de la mission. À Lisbonne, le roi Pierre II voulut le retenir comme précepteur de l'héritier du trône, mais il refusa, retourna en Inde en 1690 et obtint d'être envoyé de nouveau au pays de Marava. Dans une de ses lettres, il écrivit qu'il aimait mieux les broussailles du Maduré que le palais du Portugal.
Sa mort fut liée à la conversion de l'un des princes de Marava. Se préparant au baptême, le prince, sur le conseil du missionnaire, ne garda auprès de lui que sa première épouse et renvoya les autres. L'une d'elles, parente du souverain, s'en plaignit à lui. Jean fut arrêté et conduit dans la capitale, Ramanathapuram, où il fut condamné à mort. La sentence fut exécutée le 4 février 1693 à Oriyur : le missionnaire fut décapité. La veille, il écrivit au supérieur de la mission qu'on l'accusait d'enseigner la loi de Dieu et que, lorsque la faute est une vertu, la souffrance est une gloire.
Le procès de béatification fut retardé par les controverses sur les coutumes que les missionnaires avaient adoptées en Inde. En 1745, Benoît XIV jugea qu'elles ne faisaient pas obstacle à la cause de Jean. Pie IX le béatifia le 21 août 1853 et Pie XII le canonisa le 22 juin 1947. En 1988, Jean-Paul II le confirma comme patron du diocèse de Sivagangai. À Oriyur, sur le lieu de son martyre, s'élève son sanctuaire.