Bienheureux Piotr Edward Dańkowski

Prêtre · 1908-1942

Prêtre et martyr, vicaire à Zakopane, prisonnier à Auschwitz

Le bienheureux Piotr Edward Dańkowski fut prêtre de l'archidiocèse de Cracovie, vicaire et catéchiste à Zakopane. Il mourut au camp de concentration allemand d'Auschwitz le Vendredi saint 1942. Il est l'un des 108 martyrs polonais de la Seconde Guerre mondiale. Le Martyrologe romain fait mémoire de lui le 3 avril, jour de sa mort.

Il naquit le 21 juin 1908 à Jordanów, dans la famille de Jan et Anna Dańkowski, qui avaient une petite ferme ; son père était aussi cordonnier. Piotr fréquenta le lycée de Nowy Targ et, après son baccalauréat en 1926, entra au séminaire de Cracovie. Il reçut l'ordination sacerdotale le 1er février 1931 dans la collégiale Sainte-Anne de Cracovie, des mains de l'archevêque Adam Stefan Sapieha.

Comme vicaire, il travailla à Pobiedr, aujourd'hui Paszkówka, à Sucha Beskidzka et enfin dans la paroisse de la Sainte-Famille à Zakopane. Il enseignait la religion, prêchait et était confesseur des sœurs albertines à Kalatówki. Il était connu pour son zèle et son dévouement envers les gens, surtout les pauvres. Depuis ses années de séminaire, il tenait un journal où il notait ses combats pour rester fidèle à Dieu.

Après le début de la guerre, il rejoignit la résistance clandestine sous le pseudonyme « Jordan ». Avec son frère Stanisław, il écoutait les émissions de radio et préparait des bulletins, et il aidait aussi les personnes qui, par Zakopane, fuyaient à l'étranger pour échapper aux répressions. On l'avertit qu'il allait être arrêté, mais il ne voulut pas quitter le poste où son évêque l'avait envoyé. Les Allemands l'arrêtèrent le 10 mai 1941. Il fut interrogé au siège de la Gestapo de Zakopane, lieu de tortures appelé « Palace », puis emprisonné à Tarnów.

En décembre 1941, il fut transféré au camp d'Auschwitz, où il reçut le numéro 24529. Par un froid rigoureux, il creusait des fossés sur le chantier d'une usine chimique. Il y travaillait avec un camarade de séminaire, l'abbé Władysław Puczka, qui survécut au camp et décrivit ses dernières semaines. Selon lui, l'abbé Piotr gardait sa sérénité et soutenait ceux qui perdaient courage. En mars 1942, déjà malade, il fut envoyé au camp en construction de Brzezinka (Birkenau), où un kapo le tourmentait parce qu'il était prêtre.

Le dimanche des Rameaux, le kapo lui annonça pour la Semaine sainte un chemin de croix et la mort. Les jours suivants, il fut battu et contraint de porter une lourde poutre de bois. Le Vendredi saint 3 avril 1942, avant l'aube, l'abbé Puczka le trouva mourant près du mur du baraquement et lui donna l'absolution. Il entendit de lui cet adieu : « Au revoir au ciel ! » L'abbé Piotr mourut le jour même, à l'âge de 33 ans. Le décret du Saint-Siège sur son martyre déclare qu'il trouva la mort des suites des tortures.

Le pape Jean-Paul II le béatifia le 13 juin 1999 à Varsovie, parmi les 108 martyrs de la Seconde Guerre mondiale. En Pologne, leur mémoire commune est célébrée le 12 juin. Le bienheureux Piotr est le patron des vocations sacerdotales dans l'archidiocèse de Cracovie, et un groupe scolaire de sa ville natale de Jordanów porte son nom.