
Bienheureux Jerzy Popiełuszko
Prêtre · 1947-1984
Prêtre et martyr, aumônier de Solidarność, pasteur des travailleurs
Le bienheureux Jerzy Popiełuszko fut prêtre de l'archidiocèse de Varsovie, pasteur des ouvriers et aumônier du syndicat Solidarność. En 1984, à l'âge de 37 ans, il fut assassiné par des fonctionnaires du Service de sécurité communiste. L'Église fait mémoire de lui le 19 octobre, jour de sa mort.
Il naquit le 14 septembre 1947 au village d'Okopy, près de Suchowola, en Podlachie, dans la famille paysanne de Władysław et Marianna. Au baptême, il reçut le prénom d'Alfons, qu'il changea plus tard en Jerzy. En 1965, il entra au séminaire de Varsovie. Au bout d'un an, il fut appelé pour deux ans sous les drapeaux, dans une unité spéciale pour séminaristes à Bartoszyce. Il y fut brimé parce qu'il refusait d'ôter son chapelet.
Il fut ordonné prêtre le 28 mai 1972 par le cardinal Stefan Wyszyński. Il fut vicaire à Ząbki et dans des paroisses de Varsovie, ainsi qu'aumônier des personnels de santé et des étudiants. Sa santé déclinait, et c'est pourquoi il devint en 1980 prêtre résident à la paroisse Saint-Stanislas-Kostka, dans le quartier de Żoliborz à Varsovie.
En août 1980, il célébra la messe pour les ouvriers en grève de l'aciérie de Varsovie et resta dès lors leur pasteur. Après l'instauration de la loi martiale, il aida les internés et leurs familles. À partir de février 1982, il célébra chaque mois à Żoliborz les Messes pour la Patrie, auxquelles venaient des milliers de personnes de toute la Pologne. Dans ses homélies, il défendait la liberté religieuse, les droits de l'homme et la justice. Il répétait avec saint Paul qu'il faut vaincre le mal par le bien.
Les autorités répondirent par une campagne de calomnies, des interrogatoires et une arrestation, et des menaces lui parvenaient aussi. Il savait qu'il risquait sa vie, mais il disait qu'il ne pouvait pas abandonner les gens qui, à travers lui, écoutaient l'enseignement de l'Église, et qu'il devait rester avec eux jusqu'au bout. Le 13 octobre 1984, un premier attentat contre sa vie échoua.
Le 19 octobre 1984, il dirigea les méditations du rosaire en l'église des Saints-Frères-Martyrs-Polonais à Bydgoszcz. Il les conclut en demandant de prier pour que les hommes soient libres de la peur et de l'intimidation, et surtout du désir de vengeance et de violence. Sur le chemin du retour, près de Górsk, non loin de Toruń, il fut enlevé par trois fonctionnaires du Service de sécurité. Il fut roué de coups et tué, et son corps, lesté de pierres, fut jeté dans la Vistule près du barrage de Włocławek, d'où il fut retiré le 30 octobre. Ses funérailles, le 3 novembre, rassemblèrent des centaines de milliers de personnes auprès de l'église Saint-Stanislas-Kostka à Varsovie, où le père Jerzy fut inhumé.
Le procès de béatification s'ouvrit à Varsovie en 1997. En décembre 2009, Benoît XVI reconnut son martyre, et le 6 juin 2010 le père Jerzy fut proclamé bienheureux à Varsovie. Au nom du pape, la célébration fut présidée par l'archevêque Angelo Amato. La lettre apostolique l'appelle témoin assidu et infatigable du Christ, qui a vaincu le mal par le bien jusqu'à l'effusion du sang. L'Église en Pologne prie pour sa canonisation.